Le labyrinthe de l’archangeTome 1

  • Najib, Abdelhak

Ce roman est un pavé agréable à lire car il rend hommage à l’acte d’écrire en soi au su et au vu du lecteur. Il s’écrit viscéralement à vue d’œil, comme un journal transcrit par les mains des condamnés à mort, ces gens rongés par le désespoir de ne plus pouvoir se dégager de leur grotte : le couloir dit « le couloir de la mort ». Le titre n’est pas décevant : tout est labyrinthe et même l’écriture et ses stratégies se veulent un grand dédale qui nous perd et nous cause un vertige.

Ce roman ne se lit pas d’une traite, ni d’affilée ni sans relecture. On lit, on relit, on revient sur des fragments et des épisodes qu’on aurait certainement ratés ou mal compris vu l’enchevêtrement des récits et des histoires. On le vit ce labyrinthe et le romancier réussit à nous transporter dans un univers serpenté et qui sans cesse se mord la queue. On commence à confondre et les faits et les personnages. Qui raconte ? Qui raconte le moment narratif ? Qui hait qui et qui aime qui ? Qui a pu se réconcilier avec sa vie antérieure ? Le vieux, Nabil, Ba Hmad… On ne peut trancher si vite. Il faut adhérer au jeu narratologique délibéré. Un roman étrange car il mêle le tragique au comique, le chant à l’exploit des criminels «nés » ou encore « occasionnels », aux prouesses des criminels « innocents », aux condamnés injustement, à ceux qui ne culpabilisent plus.

Et ce n’est que le premier tome du roman-fleuve, que la première saison d’une longue série pareille aux récits portant sur les dynasties et les familles à multiples générations. Après 500 pages, on se sent encore assoiffés, avides et même frustrés. Notre désir de les accompagner persiste comme si nous lecteurs étions tombés dans les filets et les subterfuges d’un roman malicieux et protéiforme. Voilà ! C’est dit ! Le jeu est grand. 

Auteur(s) Najib, Abdelhak
Maison d'édition Les Éditions Orion
Année 2021
Genre(s) Roman
Format Papier
Nb. de pages 500
Langue Français
Prix 200 dhs
ISBN 978 9954 707 77 7