Schizophrénies marocaines

  • Najib, Abdelhak

Quoi de plus efficient qu’une écriture constamment virulente, tournant au ridicule les mœurs de notre société, brossant un tableau outré des vices qu’elle stigmatise pour éveiller les consciences. Tel un Diogène tendant aux autres un miroir (troqué contre la lampe) où ils peuvent se reconnaître, Abdelhak Najib ne laisse de dénoncer, vilipender, critiquer les vices et sottises. Or, critiquer c’est mettre en crise (Abdelkébir Khatibi). Aussi, les genres se suivent, s’entrecroisent, interagissent l’un appelant l’autre dans un fort mélange de procédés rhétoriques en recourant aux moult registres: narratif, descriptif, anecdotique, polémique, satirique… entre autres.

C’est en fait un diagnostic sans appel. L’auteur y va vaillamment, sans complaisance, tournant en dérision les défauts et les vices des individus et de la société, en les dénonçant sans ambages ni détours. Moralité:tel un malade atteint de  névrose, une société en désarroi ne peut guérir que si elle se résout à régler ses comptes avec son passé, à travers une anamnèse salvatrice, une catharsis à la freudienne. Incontestablement ce n’est pas de gaité de cœur que l’auteur s’est attaqué à tout ce qui révolte la conscience, heurte le bon sens, blesse le goût.

Dès lors, la question qui se pose est: l’a-t-il fait d’une façon délibérément didactique? Ce n’est pas inconcevable et c’est ce qui fait dire au Dr. Imane Kendili dans sa préface: «Une traversée du désert de l’écrivain, accompagné de ses lecteurs, vers un cheminement pour une réalisation d’un meilleur ‘moi’ en adéquation avec un ‘ça’ assumé et un ‘surmoi’ conscientisé.» Je partage volontiers cette manière de voir.  Aussi faut-il pour affranchir la société de l’aliénation, la mettre sur le divan de Freud plutôt que sur le lit de Procuste auquel d’aucuns appellent de tous leurs vœux pour la «discipliner»

Auteur

Abdelhak Najib est écrivain, journaliste, chroniqueur, essayiste, conférencier, animateur-télé, critique d’art et de cinéma. Il est l’auteur de « Les territoires de Dieu », « Le printemps des feuilles qui tombent », « Le pays où les pierres parlent », « Finis Gloriae Mundi », « Le temps du rêve », « Ce que m’ont dit les peintres »… Il a co-dirigé : « Maroc, de quoi avons-nous peur ? » et co-signé : « Coronavirus, la fin d’un monde ».

Auteur(s) Najib, Abdelhak
Maison d'édition Les Éditions Orion
Année 2021
Genre(s) Essai
Format Papier
Nb. de pages 300
Langue Français
Prix 150 dhs - 18 €
ISBN 978 9954 707 70 8
Dépôt légal 2020MO5061