Tout ce qu’il aimait

  • Lahbabi, Mamoun
- 2018

Il est intègre et honnête dans un univers qui ne l’est pas du tout, il est aimé dans sa famille sauf par son beau-père, il construit sa vie avec rigidité jusqu’au jour où tout risque de basculer. Car Slimane plonge dans l’univers interlope du jeu. Très vite, l’espoir du gain s’estompe au profit du frisson de la mise. Pour assouvir la passion qui l’aspire, il dérive et s’enfonce dans un abîme sans échappatoire. Ce roman est l’histoire d’une chute que ni le blâme ni le remords ne parviendront à enrayer.

 

Extrait :

Conformément à son habitude, Slimane ne répondit pas. Il monta les escaliers deux à deux, poussa la porte du bureau et s’installa. Il n’eut pas le moindre regard pour ses deux collègues qui décomptaient les points en jetant des boules de papier dans la corbeille placée sur une armoire métallique. À leur tour, ils ne relevèrent pas son entrée et poursuivirent leur factice partie de basket. Il ne pensa plus au pari programmé. C’était une aventure qu’il voulait tenter une seule fois, pas audelà. Un défi lancé au hasard. Et peut-être gagner une somme substantielle comme cela était arrivé à Yahia. Un peu d’argent libérerait ses envies. Il comblerait de cadeaux sa fille et sa femme. Et son angoisse face à Mamoun Lahbabi 66 la venue du bébé disparaîtrait. Il espérait ardemment cet enfant depuis longtemps. Il avait vécu en grande douleur le verdict médical abattu sur son épouse après sa malencontreuse chute. Néanmoins, l’annonce de la grossesse l’avait plongé, à son insu, dans un doute rongeur. Une sensation insidieuse s’était faufilée en lui, amputant sa joie d’être à nouveau père, et d’un garçon peut-être. Méticuleux, il savait que l’équilibre financier maintenu jusque là serait rompu avec un deuxième enfant.

 

Mamoun Lahbabi est né à Fez un vendredi de l’année 1952. Pendant 40 ans, il a été professeur à l’université Hassan II de Casablanca. Aujourd’hui à la retraite, il est devenu écrivain à plein temps. Il a commencé par écrire des livres en sciences économiques avant de publier son premier roman en 1994. Il en est aujourd’hui à son dix-septième. Dans chacun de ses romans, et à travers les personnages qui les animent, Mamoun Lahbabi dévoile quelques pans de la société, parfois en empruntant des métaphores, souvent en essayant de sonder les âmes. À bien des égards, c’est un écrivain de l’intime qui cherche, par ses écrits, à découvrir sa propre vie. S’il fallait le classer dans un genre, « le roman social » serait celui qui lui conviendrait le mieux.

Auteur(s) Lahbabi, Mamoun
Maison d'édition Editions Onze
Année 2018
Genre(s) Roman
Taille 16,5 × 24 cm
Format Papier
Nb. de pages 194
Langue Français
Prix 135 dhs / 15 €
ISBN ISBN978-9920-9357-4-6