Les champions nationauxL’équation du développement au Maroc

Dans cette recherche de trois ans, qui combine une vue d’ensemble de la problématique et une analyse des particularités de l’histoire économique marocaine, Selma Mhaoud interroge les théories et les pratiques, et la ligne fluctuante entre politique industrielle et économie de rente.

OCP, SNI, Attijariwafabank, Maroc Telecom, Addoha, BMCE Bank… Ils sont grands, innovants, compétitifs et présents à l’international. Ces entreprises, et d’autres, appelées « champions nationaux » ont prospéré dans un contexte domestique typiquement incitatif. Mais le Maroc a-t-il une politique de champions nationaux ? À quels impératifs répond-elle ? Et dans quelle mesure ces « champions » contribuent-ils au développement socioéconomique du pays ? Les retombées sont-elles à la hauteur des moyens alloués et des attentes qu’ils suscitent ?

Traditionnellement, la notion de champions nationaux fait référence à des politiques économiques de nature interventionniste qui ont connu une grande popularité auprès des gouvernements dans les pays occidentaux, notamment après la Première Guerre mondiale et, à partir de la moitié du XXème siècle, auprès des pays en voie de développement. Une variété de politiques industrielles prirent place à cette époque avec comme ambition d’élargir les tissus productifs des pays et de promouvoir des secteurs d’activité spécifiques. À partir des années 1980, les points de vue dominants initialement favorables à ces politiques commencèrent à changer. L’idée que les États pouvaient judicieusement « choisir des gagnants », des champions subventionnés et protégés qui les représenteraient dans le commerce mondial, a vu sa popularité diminuer à mesure que les études de cas montraient que cette approche n’affectait pas toujours les ressources efficacement et favorisait des comportements de recherche de rentes.

La crise financière mondiale de 2008 a remis d’actualité la question de la politique industrielle dans les économies développées. La crise a incité les gouvernements à protéger certaines industries particulièrement affectées par le ralentissement d’activité et celles qui sont d’un intérêt stratégique (par exemple les États-Unis avec son secteur automobile et la Grande Bretagne avec son secteur bancaire). On a vu ces dernières années une résurgence de la politique industrielle comme moyen de relancer des taux de croissances en berne, et de remédier aux déséquilibres que les forces incontrôlées du marché et le libre-échange globalisé pouvaient générer pour les économies domestiques.

Auteure :

Selma Mhaoud, ancienne journaliste d’investigation, est analyste spécialisée en risque d’intégrité et gouvernance dans la zone MENA. Elle est chercheuse associée à Économia, le centre de recherche de HEM.

Auteur(s) Mhaoud, Selma
Maison d'édition En toutes lettres
Collection Les Presses de l'Université Citoyenne
Année 2018
Genre(s) Essai
Format Papier
Nb. de pages 172
Langue Français
Prix 95 DH - 20 €
ISBN 978-9954-9879-3-3